Développé par Infomaniak, Euria se positionne comme une alternative européenne aux assistants IA américains, avec un argument central : protéger les données des utilisateurs.
Euria, une IA pensée pour répondre à la crise de confiance autour des données
Euria est un assistant d’intelligence artificielle développé par Infomaniak, l’entreprise suisse connue pour ses services cloud, mail, drive et hébergement. Son ambition est claire : proposer une IA utile au quotidien, tout en garantissant un haut niveau de confidentialité des données.
Quelles sont les fonctionnalités d’Euria ?
Concrètement, Euria permet de rédiger, résumer, traduire, analyser des documents, interroger des contenus, transcrire des audios ou encore explorer le Web. Sur le plan fonctionnel, l’outil se rapproche donc des grands assistants IA comme ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot. Sa différence se situe ailleurs : dans son positionnement souverain, son hébergement en Suisse et sa promesse de ne pas utiliser les échanges des utilisateurs pour entraîner les modèles.
Pourquoi la confidentialité devient-elle un critère de choix ?
Cette promesse arrive à un moment clé. Les entreprises utilisent de plus en plus l’IA générative, mais elles s’interrogent aussi sur ce qu’elles peuvent réellement confier à ces outils : documents RH, données clients, informations financières, notes juridiques, comptes rendus de réunion, fichiers stratégiques. Avec Euria, Infomaniak cherche donc à occuper un espace très précis : celui de l’IA de confiance.
Pourquoi parle-t-on autant d’Euria ?
Si Euria attire l’attention, ce n’est pas uniquement parce qu’un nouvel assistant IA arrive sur le marché. C’est surtout parce qu’il répond à trois préoccupations très actuelles : la souveraineté numérique, la confidentialité des données et la conformité réglementaire.
Infomaniak présente Euria comme un assistant IA exclusivement opéré en Suisse, alimenté par de l’énergie renouvelable et conçu pour respecter la vie privée. L’entreprise affirme que les données ne quittent pas ses data centers suisses, ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles et restent sous le contrôle de l’utilisateur.
Ce positionnement parle particulièrement aux organisations qui ne veulent pas interdire l’IA, mais qui ne peuvent plus se contenter d’un usage libre, dispersé et non maîtrisé. Pour une direction informatique, une direction juridique ou une direction RH, le choix d’un assistant IA ne repose plus uniquement sur ses performances. Il dépend aussi de sa capacité à protéger les données sensibles et à s’intégrer dans un cadre de gouvernance conforme aux exigences de l’entreprise.
Euria et la confidentialité : le cœur de la promesse
Le principal argument d’Euria repose sur la confidentialité. Infomaniak indique que les données confiées à Euria restent privées, ne sont pas enregistrées pour entraîner l’IA et sont traitées dans son infrastructure suisse. L’éditeur met aussi en avant un mode éphémère pour les données très sensibles : dans ce mode, la discussion n’est pas stockée et ne peut pas être récupérée.
Quels risques Euria cherche-t-elle à limiter ?
Pour les entreprises, cette approche répond à un problème très concret. Les collaborateurs utilisent déjà l’IA pour gagner du temps, mais ils ne savent pas toujours ce qu’ils peuvent saisir dans un prompt. Un contrat, un fichier RH, une base client ou une note stratégique peuvent contenir des informations sensibles. Sans cadre clair, l’usage de l’IA peut créer un risque de fuite, de transfert ou de réutilisation non souhaitée des données.
La CNIL rappelle d’ailleurs que les systèmes d’IA utilisant des données personnelles doivent respecter le RGPD et les droits des personnes. Elle souligne également que les bases d’entraînement peuvent contenir des données personnelles et que leur utilisation peut faire courir des risques aux personnes concernées.
Euria s’inscrit donc dans une tendance plus large : passer d’une IA utilisée “par opportunité” à une IA utilisée dans un cadre de gouvernance.
Une IA souveraine, mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
Dans le cas d’Euria, le terme « IA souveraine » renvoie principalement à trois dimensions.
1. La localisation des données
Euria est hébergée dans les data centers d’Infomaniak en Suisse. Cela permet à l’entreprise de mettre en avant un environnement juridique et technique distinct des grandes plateformes américaines ou chinoises.
2. La maîtrise de l’infrastructure
Infomaniak insiste sur le fait qu’Euria s’appuie sur son propre savoir-faire cloud et sur une infrastructure opérée en Europe. L’objectif est de limiter la dépendance à des prestataires externes pour le traitement des requêtes.
3. La non-utilisation des données pour entraîner l’IA
C’est probablement l’argument le plus important pour les entreprises. Euria affirme que les conversations et documents confiés à l’assistant ne servent pas à entraîner les modèles. Cette promesse répond directement à l’une des principales craintes liées aux assistants IA généralistes : la perte de contrôle sur les données saisies.
Euria est-elle une alternative à ChatGPT, Claude ou Copilot ?
Oui, mais pas dans tous les cas.
Euria peut être une alternative intéressante lorsque la priorité est la confidentialité, la souveraineté et la maîtrise des données. Pour des usages de rédaction, synthèse, traduction, recherche documentaire ou analyse de fichiers, l’outil peut répondre à de nombreux besoins professionnels courants.
En revanche, Euria ne doit pas être présentée comme un remplacement automatique des leaders du marché sur tous les usages. ChatGPT, Claude, Gemini ou Copilot disposent d’écosystèmes très avancés, d’intégrations puissantes, de capacités multimodales matures et d’un rythme d’innovation très rapide. Euria se différencie moins par la puissance brute que par son cadre de confiance.
La bonne question n’est donc pas : “Euria est-elle meilleure que ChatGPT ?” La vraie question est : “Dans quels cas une organisation doit-elle privilégier un assistant IA souverain plutôt qu’un assistant IA généraliste ?”
Pour quels usages Euria peut-elle être pertinente en entreprise ?
Euria peut être particulièrement utile pour les organisations qui manipulent des données sensibles ou qui veulent encadrer les usages IA sans bloquer l’innovation.
Exemples d’usages possibles :
- reformuler des notes internes ;
- synthétiser des comptes rendus de réunion ;
- analyser des documents professionnels ;
- traduire des contenus confidentiels ;
- préparer des e-mails ou des supports ;
- interroger des fichiers ;
- transcrire des échanges audio ;
- aider les équipes à utiliser l’IA sans exposer leurs données à des services non maîtrisés.
Les secteurs les plus concernés sont naturellement ceux où la donnée est sensible : santé, assurance, banque, juridique, administration, recherche, RH, formation, conseil, industrie ou collectivités.
Le vrai sujet : former les équipes à un usage responsable de l’IA
L’arrivée d’outils comme Euria ne règle pas tout. Une IA souveraine peut réduire certains risques, mais elle ne remplace pas une politique d’usage claire.
Les entreprises doivent encore répondre à plusieurs questions :
- quelles données peut-on saisir dans un assistant IA ?
- quels documents doivent rester exclus ?
- quels usages sont autorisés par métier ?
- comment vérifier les réponses produites ?
- comment éviter les erreurs, hallucinations ou biais ?
- comment former les collaborateurs à une utilisation responsable ?
C’est là que l’enjeu devient organisationnel. Le choix d’un outil ne suffit pas. Il faut aussi acculturer les équipes, définir des règles simples, former les managers et accompagner les métiers dans leurs cas d’usage.
Autrement dit, Euria peut être un bon point d’entrée pour parler d’IA souveraine, mais la création de valeur dépendra surtout de l’adoption, de la formation et de la gouvernance.
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Voir le programme →Euria, un signal fort pour le marché européen de l’IA
Euria illustre une évolution importante du marché. Après une première phase dominée par la fascination technologique, les entreprises entrent dans une phase plus mature. Elles ne regardent plus seulement les performances des modèles. Elles regardent aussi :
- l’hébergement ;
- la conformité ;
- les conditions d’utilisation ;
- la gouvernance des données ;
- les garanties de confidentialité ;
- l’impact environnemental ;
- l’intégration dans les outils métiers.
C’est précisément sur ces critères qu’Euria cherche à se différencier. Infomaniak met en avant une IA hébergée en Suisse, conforme à la LPD et au RGPD, alimentée par de l’énergie renouvelable locale et intégrée à son écosystème collaboratif kSuite.
Pour les entreprises européennes, ce positionnement a une portée symbolique : il montre que l’IA générative ne se résume pas aux grands acteurs américains. D’autres modèles émergent, avec une promesse différente : moins de dépendance, plus de contrôle, davantage de transparence.
Euria, une IA à suivre pour les entreprises soucieuses de leurs données
Euria n’est pas seulement un nouvel assistant IA. C’est une réponse à une inquiétude devenue centrale : comment bénéficier de l’IA générative sans sacrifier la confidentialité des données ?
Son intérêt principal réside dans son positionnement : hébergement suisse, maîtrise de l’infrastructure, non-utilisation des données pour l’entraînement, mode éphémère, intégration à un écosystème collaboratif souverain.
Pour les entreprises, Euria ne remplacera pas nécessairement tous les assistants IA existants. Mais l’outil peut devenir une option crédible pour les usages sensibles, les organisations réglementées ou les directions qui veulent construire une stratégie IA plus responsable.
Le mot-clé à retenir n’est donc pas seulement “performance”. Avec Euria, le sujet central est la confiance.
| Critère | Euria | Assistant IA généraliste |
|---|---|---|
| Hébergement | Suisse | Variable selon l’éditeur |
| Données utilisées pour l’entraînement | Non, selon Infomaniak | Variable selon les paramètres et contrats |
| Positionnement | Souveraineté, confidentialité | Performance, écosystème, puissance |
| Public cible | Entreprises sensibles à la donnée | Grand public et entreprises |
| Point fort | Maîtrise des données | Capacités avancées et intégrations |